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Endroits où rester

L’Hôtel NH Capri La Habana combine la notoriété des années 50 au moderne

Par AJ Twist / Affiché le 1 décembre 2014

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On sent toujours, dans une ville où de nombreux bâtiments sont absolument figés dans le temps et où la plupart présentent des signes d’usure évidents, une grande fébrilité quand quelque chose de «nouveau» ouvre, ou même rouvre, à La Havane. Pour sa part, le NH Capri La Habana porte un tristement célèbre passé, qui date de l’époque où La Havane était en passes de rapidement devenir le Las Vegas dans le sud, la ville de perditions des Caraïbes. Pour certains, l’Hôtel Capri représentait tout ce qui n’allait pas alors avec l’île: une ville envahie par des truands américains qui contrôlaient une bonne portion des recettes touristiques de la ville, tout en refilant aux dirigeants politiques de l’île leur part du butin. Finalement, le pendule de la corruption est allé trop loin vers la droite et la suite, il est dit, appartient à l’histoire.

Petit-à-petit, une partie de cette période trouble de l’histoire cubaine commence à refaire surface. Qui sait? Les intrigues de gangsters pourraient être bonnes pour les affaires. En tout cas la dernière fois que j’ai cherché un hôtel en vue d’un séjour à La Havane, j’ai eu un petit frisson quand j’ai lu l’un deux se vanter de présumés liens mafieux de l’époque.  Des liens mafieux? Ah ouais?

L’histoire raconte qu’en 1955, le président cubain à cette époque, Fulgencio Batista, entreprit d’accorder des avantages financiers énormes à quiconque était prêt à investir 1 million de dollars ou plus dans un hôtel, ou $200,000 dans une discothèque ou un casino. Un des grands gangsters de l’époque, Santo Trafficante Jr., capo de Tampa en Floride, saute aussitôt sur l’occasion et crée l’Hôtel Capri. Myer Lansky, probablement le plus tristement célèbre gangster de son temps, est souvent crédité à tort pour la construction du Capri. Il est vrai qu’il serait surprenant qu’il n’ait pas trempé dans l’affaire.  (Toute cette histoire passe joyeusement par-dessus la tête  des meutes de touristes européens qui ont envahi l’hôtel pendant que je m’y trouve, mais je suis sûr que l’aura mafieuse qui entoure cet hôtel saura intéresser les touristes canadiens et même les américains qui rongent leur frein pour entrer à Cuba).

Bien que le NH Capri La Habana soit loin d’être neuf (il a ouvert ses portes en 1957), il est impeccable. Rénové conformément au concept original de Jose Canaves, qui rappelle un croisement entre une bande dessinée des Jetsons et le Palm Desert hideaway, il est facile d’y imaginer des beatniks se prélassant dans le hall en cols roulés noirs,  longs porte-cigarettes noirs au bec. En fait, Le NH Capri La Habana d’aujourd’hui est aussi cool que n’importe quel hôtel au pays.
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Sa localisation est excellente. L’hôtel se trouve sur la Calle 21, qui comprend un certain nombre de café et discothèques. Il est aussi à un pâté de maisons de la Calle 23 – dite La Rampa, la très fréquentée rue principale du quartier Vedado, et à  distance de balle bien frappée du célèbre Hôtel Nacional. En fait, l’empreinte originale de l’Hôtel Capri comprenait le Salon Rojo – à l’époque l’un des casinos les plus populaires du pays, et de nos jours l’une des boîtes de nuit les plus populaires de la ville. On trouve à aussi à proximité le Latin jazz club,  El Gato Tuerto et le Coppelia, le palais havanais de la crème glacée. Et la Vieille Havane n’est qu’à 5 CUC en taxi.

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Le prix de la chambre comprend normalement un des meilleurs buffets de petit-déjeuner en ville, si délicieux que les clients d’autres hôtels s’y pointent. La fabuleuse piscine sur le toit de l’hôtel comprenait à l’origine un fond de verre qui permettait aux siroteurs de mojitos du bar à l’étage du dessous de profiter d’une vue aquatique unique. Bien que le fond de verre n’ait de toute évidence pas survécu à la nouvelle incarnation, les vues spectaculaires sur les Florida straights et le Malecon prévalent toujours.

The view is spectacular

The view is spectacular

Chacune des 220 chambres est bien aménagée, et tout fonctionne normalement (ce qui n’est pas toujours évident à Cuba), avec photos vintage des années 50 et trois ascenseurs en état de marche (voilà qui s’appelle du grand luxe). En outre, l’hôtel comprend un étage « Affaires » avec des avantages exclusifs qui plairont aux voyageurs d’affaires fatigués. De retour sur le toit, on y trouve un bar bien aménagé qui propose aussi des petits plats.

George Raft, l’acteur américain réputé pour ses portraits à l’écran de gangsters, fut le préposé à l’accueil officiel de l’hôtel les premières années. Eh bien le penthouse qu’il occupa au 19ième étage est maintenant une salle à manger qui sert à ses convives des plats délicieux accompagnés de vues à couper le souffle.

Le lobby principal dispose de planchers en marbre incrusté, de personnel à la réception professionnellement entraînés et polis,  de lustres en laiton originaux et d’un petit bar à mojitos (Ah?) qui offre aussi des cafés cubains sur commande. Ajoutez à cela un personnel de sécurité alerte qui garde un œil attentif sur la porte d’entrée, ce qui est n’est pas tâche facile quand le Salon Rojo explose en soirée.

 

Le NH Capri Habana rénové est un bel ajout à la scène hôtelière de La Havane. Et sa mystique est comprise dans le prix!

 

Hôtel NH Capri La Habana

Calle 21 / Calle N,

Vedada, La Havane, Cuba

53-7-839722

www.nh-hotels.com/NH_CapriLaHabana

 

Pour en savoir plus sur l’implication passée de la mafia américaine à Cuba, lire « Havana Nocturne », de T.J. English.

 

A.J. Twist est un journaliste et photographe de voyages basé à Montréal.

AJ Twist

A.J. Twist is a Montreal-based writer and photographer. He is a frequent traveller to Havana,Cuba as well as many other exotic urban destinations.

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