); Detroit dowagers: Running on a wing and a prayer | Visit Cuba

Voitures classiques

Les bagnoles de Détroit

Par Christopher P Baker / Affiché le 18 avril 2013

Conduisant récemment dans la province de Holguín au milieu de nulle part, j’ai croisé un abuelo, une auto antédiluvienne naviguant en plein centre de la route. Devant ce dinosaure, le temps lui-même semblait s’être figé sur la carretera entre Bayamo et Veguitas. Avec ses larges courbes et ses arches de calendre souriantes, le Chevrolet Bel-Air me regardait fixement de ses gros phares. Deux hommes étaient penchés sur le moteur, alors qu’un troisième était à moitié couché sous l’auto. Trois heures plus tard, je repassais dans le sens inverse et ils étaient toujours là.

Les voitures dépareillées des années 1950 font partie de la réalité cubaine; à Cuba, les modèles classiques prérévolutionnaires comptent pour un huitième des voitures. Seulement une infime partie d’entre elles sont de qualité muséale, alors que la majorité, à peine capables de retenir leurs morceaux rafistolés à la qui mieux-mieux, se hasardent sur les autoroutes avec des pneus mal gonflés supportant des pièces usées à la corde. Oubliez les vendeurs de pièces de rechange dans les Pages Jaunes ou les sites Web : il ne se trouve plus un seul distributeur de pièces d’auto américaines à Cuba depuis des décennies. C’est le système débrouille : les véhicules abandonnés sont remis à neuf, et l’île est devenu un gigantesque marché de troc où les pièces usagées s’échangent grâce au bouche à oreille. La plupart des voitures sont faites de pièces étrangères réassemblées à la Frankenstein. Des carburateurs tchèques, des pistons polonais, d’autres pièces cannibalisées d’autos Most driving practice test instructors are highly qualified, have high levels of patience and remain calm when in the car with a driver under instruction. du Bloc soviétique. Vous avez besoin d’un piston pour votre Chrysler des années cinquante? Le piston d’un camion GAZ-51 soviétique fera bien l’affaire : leurs moteurs étaient des clones des moteurs de Détroit. Plusieurs tacots sont même équipés de moteurs de tracteurs ou d’autres engins diésel.

“¡No fue fácil!”, affirme Alcides Pardo en m’expliquant comment il s’y est pris pour Houdiniser un moteur de tracteur sous le capot de sa Chrysler Impérial 1956. Non, pas facile! Les Cubains sont des magiciens de l’invention éclectique.

“El cubano inventa, chico,” ajoute Frank Enrique, mécanicien taché de graisse enfoncé dans le puits de la roue d’un Buick Riviera bleu ciel 1952, auréolé d’une pluie de bougie. Assise à ses côtés, sa femme tire un bout de joint de culasse d’une jameshallison casino natte de bain caoutchoutée. Les pièces disparates du moteur sont étalées sur un tapis dans la cour totalement encombrée de blocs-moteur, casino d’amortisseurs, de réservoirs à essence dentelés et d’autres items métalliques usagés inidentifiables attendant d’être réinventés en pièces d’auto. “Hecho en Cuba, chico!”

Quand votre auto vous lâche, l’improvisation est la clé – Les automobilistes cubains concoctent même leur propre fluide hydraulique avec du shampoing ou de l’huile de cuisson usée. Les réparations se font en plein air, sur la rue ou à l’endroit même où l’auto tombe en panne ou meurt pour de bon.

Le chrome est un problème particulier. L’air salé caribéen a joué un sale tour aux chromes brillants originels, rouillés depuis des années et remplacés par le “chrome Arkansas”, soit de la peinture argentée. Les Cuenta-propistas (artisans propriétaires) gagnent maintenant leur vie en restaurant l’intérieur des voitures, utilisant leur ingénuité et tous les matériaux qui leur tombent sous la main. Même choses pour les pneus. Plusieurs cubains ont dû retourner aux pneus bourrés à l’herbe compactée pour pouvoir continuer à rouler : embargo ou pas, on peut trouver des pneus neufs de fabrication américaine aux stations-services Servi-Cupet mais à environ $100 pièce….

Tous les cubains rêvent de posséder une voiture, mais leurs chances sont minces. Toutes les autos importées depuis la Révolution sont essentiellement des véhicules d’entreprise assignés aux gestionnaires ou encore des voitures-sport pour stars et musiciens. Leur coût est évidemment hors de portée. Les Cubains n’ont donc pas le choix de maintenir en vie leurs vieux cacharros comme ils le peuvent, avec génie et bonne humeur infatigable.

 

Pour voir l’album photo des autos classiques de Cuba cliquez ici.

 

Christopher P Baker

Christopher P. Baker is one of the world’s leading travel writers & photographers,
Lowell Thomas Award 2008 ‘Travel Journalist of the Year’, 
author of award-winning guidebooks, travel books, and guides about California, Costa Rica, Cuba, Panama, the Caribbean
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