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Danse

En amour avec le Ballet Nacional de Cuba

Par Brian Lloyd French / Affiché le 3 janvier 2013

Dans mon roman, « Mojito! », le personnage principal est tellement anti-ballet qu’il s’engage à ne jamais, jamais assister à une performance… jusqu’à ce qu’il change d’avis, à La Havane, pour ensuite jurer de ne plus jamais rater une occasion d’aller au ballet.

Les pays communistes, notamment l’ancienne Union soviétique et  la Chine contemporaine, ont une capacité admirable  de produire, à coût considérable, des artistes de très haut niveau. Il en va de même pour Cuba, bien que le pays et le gouvernement n’aient pas tout-à-fait les ressources de leurs grands camarades. Quand Fidel Castro, le 1er Janvier 1959,  pris finalement le pouvoir de la dictature de Batista, il s’engagea à augmenter le financement des programmes culturels de la nation, qui languissaient. Dans les années 1950, Cuba était le centre de l’Amérique latine moderne tant en ce qui concerne l’art que le divertissement. C’était une Mecque pour les artistes d’Amérique latine et du monde en quête de reconnaissance internationale.

J’ai eu le privilège de voir le Ballet Nacional de Cuba à plusieurs reprises au Gran Teatro de La Havane et j’ai aussi eu la chance, il ya quelques années,  d’assister  à une représentation de « Danza Cubana » de Liszt Alfonso au festival Luminato de Toronto. Et je dois dire que je trouve que la danse cubaine est top.

L’École cubaine existe depuis 1948, soit plus de dix ans avant que Fidel Castro ne prenne le contrôle de Cuba. Et croyez-le ou non, elle est toujours dirigée par Alicia Alonso, sa fondatrice. C’est donc un euphémisme que de dire que Mme Alonso est une légende.

Alicia Alonso commence à étudier le ballet en 1928 à l’âge de sept ans et donne, à l’âge de neuf ans, sa première performance publique dans « La Belle au bois dormant ». Épousant un danseur à l’âge vénérable de seize ans, elle et son mari déménagent  à New York. Après avoir donné naissance à une fille, elle poursuit sa formation jusqu’à ce qu’un décollement de la rétine la mette hors-circuit durant deux ans, la forçant à réapprendre à danser, cette fois sans vision périphérique.

Puis elle brille dans « Giselle ou les Willis », et depuis fait  partie de l’histoire du ballet. À 91 ans, elle est l’une des rares prima ballerina assolutas vivantes, et a joué avec tous les grandes compagnies de ballet au monde. Elle a dansé pour Balachine et avec les plus grands, de Noureev à Baryschnikov.

Elle donnait encore une performance  il y a quelques semaines à peine, au Festival International de Ballet de La Havane. À 91 ans. Son École nationale de ballet est devenue l’une des compagnies de danse les plus prestigieuses dans le monde. Celle-ci se distingue par la perfection athlétique et artistique de ses membres, son interprétation supérieure du répertoire classique, et son développement unique de la chorégraphie cubaine.

À titre de directrice et danseuse principale du Ballet Nacional de Cuba, Alicia Alonso est un guide et une source d’inspiration pour les nouvelles générations de danseurs cubains. Son style bien à elle a laissé sa marque sur le monde international de la danse. Certains de ses anciens et plus célèbres élèves dansent maintenant, entres autres, avec l’American Ballet Theatre, le Boston Ballet, le San Francisco Ballet, le Washington Ballet, le Cincinnati et le Royal Ballet. Elle a créé ses propres œuvres dont « La Tinaja », « Ensayos Sinfonicos », et « Lidia ». Elle a joué dans un long métrage documentaire réalisé à Cuba sur son œuvre Alicia (1977). Elle a été membre du jury lors de concours internationaux de danse en Bulgarie, en Russie, au Japon, au Brésil et aux États-Unis.

Sa Compagnie effectue régulièrement des tournées mondiales (excellente source de revenus pour le gouvernement et d’inspiration pour ses publics), et quand elle tient l’affiche près de chez vous, c’est à ne pas manquer.

À La Havane, le Ballet National de Cuba se produit au Gran Teatro, au coin de San Rafael et le Prado, à côté du vénérable hôtel Inglaterra. Le Teatro paraît son âge, malgré les nouveaux sièges installés il ya quelques années. À environ 20 $, les billets sont une aubaine. Attention aux revendeurs de laissez-passer spéciaux à l’extérieur : les passes en pesos qu’ils proposent ne sont valides que pour les ressortissants cubains.


 

Brian Lloyd French

Brian Lloyd French was born in Eastern Canada and studied English Literature at the University of New Brunswick and generally interacted quite well with some much smarter people. He was previously a columnist for one of Canada's largest circulation newspapers.

He's author of "Mojito" www.mojitonovel.com

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